Carnet du 17/03/08

La légende de Pâques
 

Cet hiver encore, le miracle s’est produit devant mes yeux émerveillés. Toutes ces belles vitrines arborant jadis coeurs et anges rouges et blancs se sont transformées en lapins et œufs tout aussi sucrosés.  La rangée des fausses poules en faux chocolat nous rappelle que Pâques est bel et bien à nos portes. Avec son long congé payé et ses supersoldes sur les électroménagers, cette journée sacrée nous ramène enfin aux vraies valeurs spirituelles. Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec cette tradition millénaire qui rend les commerces millionnaires, voici la merveilleuse légende de Pâques...

Selon la tradition juive, Moïse avait profité du long congé de Pâques pour sortir son peuple de l'Égypte à cause des mauvaises conditions de travail qui y régnaient. C’est suite à ce voyage que Dieu lui envoya par courriel : les dix commandements. Bien qu’imparfaits, les dix commandements constituent la première convention collective de l’histoire de l’humanité.

Ce n’est que plusieurs siècles plus tard que Dieu envoya son fils Jésus pour renégocier la convention collective du peuple juif. Le petit Christ était né de la toute première fécondation « in vitro ». Ses parents durent subir les préjugés de l’époque et inventer des histoires d’anges et d’Esprit Saint pour expliquer la situation à leurs familles.  Jésus grandit tranquillement en « gossant » du bois avec son père et en enseignant la sagesse aux vieux du village pour se faire de l’argent de poche.

C’est vers trente ans qu’il commença son ministère.  D’abord il prêcha dans le désert pour se pratiquer un peu, pour ensuite former son propre syndicat.  Jésus était un révolutionnaire. Il disait aux gens de cesser de travailler, de s’aimer les uns les autres.  En plus, il fournissait le pain et le vin à volonté. Comme le peuple commençait à se diriger vers la désinvolture et l’anarchie, c’est lors d’une manifestation appelée « La marche sur l’eau » que le premier ministre de l’époque, Ponce Pilate, fit voter une injonction de retour au travail qui força les Juifs à quitter le syndicat de Jésus sous peine de crucifixion sans autre préavis. Comme Jésus ne cessait pas son discours indépendantiste, Pilate mit en place la loi sur les mesures de guerre et fit arrêter sans mandat tous ceux qui avaient les cheveux longs et portaient la barbe.

Jésus fut condamné à fermer son entreprise en plein vendredi de Pâques juste avant le long congé des juifs où il aurait pu faire des affaires florissantes. Ses douze apôtres se résignèrent à l’assurance-chômage et Pilate s’en lava les mains.

Mais Ô miracle, le dimanche matin suivant, le gouvernement de Pilate obtint un gros contrat chez les Romains pour rénover les infrastructures en décrépitude de la province et faute de partenariat public-privé, il fit volte-face et demanda à Jésus de rouvrir son entreprise. Ce fut la résurrection de Jésus et tous les villages environnants propagèrent cette bonne nouvelle.   Quelques jours plus tard, Jésus s’envola vers le Paradis fiscal avec sa bonne fortune et on ne l’a plus jamais revu.

Quelques-uns de ses apôtres écrivirent un nouveau code du travail, intitulé le Nouveau Testament en mémoire de lui. L’ouvrage demeure encore aujourd’hui le plus vendu et le plus traduit au monde, on l’appelle même « la Bible » du syndicalisme.

De nos jours, les juifs n’ont toujours pas reconnu Jésus ni son Nouveau Testament et vivent des conditions de travail difficiles sous la vieille convention des dix commandements.

Il demeure toujours un chaînon manquant qui expliquerait enfin le lien entre Jésus et les fausses poules en faux chocolat.

 
Commentez ce carnet: info@bensasseville.com
 
 
 
Fabriquer un Site Web avec CreateurWeb.ca | Hébergement Web par DesMondes.com